Ça ne dure jamais

Lundi 20 avril 2020

Éloge de l’impermanence

par Margot Peyron

S’organiser, profiter, garder un rythme, lâcher prise sans se laisser aller… pas toujours facile de trouver un juste milieu. Parfois on pense l’avoir trouvé et on s’entête à y rester en équilibre, à garder une forme de constance apparente, souvent immobile.

Pourtant, comme dans une posture d’équilibre en yoga, prenons la posture de l’Arbre (Vrikshâsana), la stabilité se construit par le mouvement, par ces micros-ajustements, cette adaptation constante du corps qui s’appuie sur lui-même avec confiance. Un coup de vent, une pensée et le poids du corps bascule d’un côté, allège l’autre, le temps d’un repos, d’une respiration, d’une journée vécue au ralenti, « moins efficace » … Puis l’énergie revient, d’un côté, de l’autre, ou au centre de soi.

Ressentir ces variations d’humeurs, d’envies, d’énergies pour contempler le rythme naturel des choses, l’impermanence (Anitya en sanskrit). C’est amusant parce qu’en écrivant ce mot, la correction automatique le corrige systématiquement en « impertinence », comme si l’idée d’impermanence n’existait pas. J’ai fini par vérifier… Ouf, Larousse reconnait ce concept essentiel de ce qui ne dure pas, de ce qui change sans cesse. Voilà un joli mot pour transformer nos maux d’hier et d’aujourd’hui. L’impermanence n’est pas un vilain défaut, elle est la graine de l‘arbredaptation.